Culte de l’image ou troquer l’âme pour l’ego

Culte de l’image ou troquer l’âme pour l’ego

Devenir son propre fan numéro 1

Le culte de l’image serait-il la forme de religiosité du 21e siècle avec les médias comme catéchisme et l’EGO comme version laïque du dieu tout-puissant? Nos nouveaux grands prêtres sont-ils ces experts tout azimut façonnés par la lecture de statistiques plutôt que par l’expérience de la vie elle-même? Font-ils vraiment moins d’erreurs que le ciel? Et que dire de leurs engagements autrefois nommés entraide et maintenant convertis en honoraires?

Le culte de l’image comme religion

Vieillir dans un tel contexte condamne l’aînesse à une obsolescence programmée. En fait, au Québec, l’État s’est pernicieusement substitué à l’Église sans en abandonner la culture fondamentale. Le dogmatisme.

L’État s’est contenté de s’éloigner de Dieu pour se soumettre à l’Expert

On nomme frauduleusement « laïcité » le code de conduite imposé par une gouvernance autant oligarchique qu’incestueuse. Dans la foulée, les médias, eux aussi légués de père en fils, ont réécrit les doctrines évangéliques et sont devenus les apôtres du Pouvoir politique. On a ainsi actualisé le mythe du veau d’or sous l’égide d’un Nouvel Ordre Mondial. Un Ordre lui-même fondé sur le clonage de fidèles dans des usines à diplômes. C’est le Meilleur des Mondes tel que décrit par Aldous Huxley il y a près d’un siècle.

Aujourd’hui, le culte du veau d’or s’appelle la carrière lucrative.

Les endoctriné(e)s se soumettent sans rébellion à leurs mentors infaillibles qui, du haut des chaires universitaires, prêchent les versets des Ordres professionnels et des Corporations. La différence avec le culte du Veau d’or de l’Ancien Testament est que, si vous vénérez votre carrière, il n’y aura pas d’excommunication. Au contraire, vous serez exploités à l’os, urbanisé loin de l’essentiel à la vie et il suffira que quelques drogues endorment votre cerveau pour vous sentir heureux d’être ainsi abêti(e)s.

Le Testament du 21e siècle est signé par l’Ordre des « nombrils du monde » dont le mantra est « s’aimer soi-même élève l’âme ».

Le culte de l’image comme cadre de valeurs

Tout autant que la Religion, sa cousine germaine, l’Éducation prône le sectarisme. Au surplus, comme la religion, elle encourage le pouvoir par la valorisation de l’ignorance. La connaissance non lucrative est bannie de ses psaumes.

S’éloigner de l’essentiel au nom de la réussite sociale

En fait, l’Éducation, malgré toutes ses prétentions d’émancipation,  ne parvient même pas à éliminer la connexion débilitante entre le cerveau et le nombril de l’Homo sapiens supérieur. Un moignon de cordon ombilical trouve son essence dans la génitalité genrée qui représente plus que jamais son centre de l’Univers en remplacement du ciel et de l’enfer. L’identité sexuelle a pris le pas sur la connaissance de soi.

Les Ordres désormais professionnels confondent volontiers réussite académique et carrière payante. On a recours à l’idolâtrie personnifiée par la richesse matérielle pour attirer ses fidèles.  Conséquemment, d’où qu’ils tirent leurs croyances, les Ordres du Nouvel Ordre Mondial ont adopté  l’Argent comme guide spirituel.  Leurs chapelles omniprésentes sont peuplées de statues sans visages et sans statuts précis. Elles fonctionnent sans avoir besoin d’être articulées. Comme les saints du ciel, elles ne répondront que rarement à nos prières. Seuls quelques esprits sains sont encore capables de miracles.

Collectivement, ni l’État, ni les Ordres ne sont commis à produire des résultats. Leurs insensibilités chroniques ont réponses à tout. Leur pouvoir est monté sur le piédestal de nos ignorances et ils savent lire les statistiques à l’envers pour prouver qu’ils ont raison. Leur réel talent est de sauver leur réputation. Si erratique soit-elle!

« Bienvenue au Centre d’Incubation et de Conditionnement de Londres-Central. À gauche, les couveuses où l’homme moderne, artificiellement fécondé, attend de rejoindre une société parfaite. À droite : la salle de conditionnement où chaque enfant subit les stimuli qui plus tard feront son bonheur. Tel fœtus sera Alpha-l’élite ,tel autre Epsilon –caste inférieure. »

Le meilleur des mondes, Aldous Huxley (1932)

Le culte de l’image comme code de conduite

La réalité, c’est qu’en proclamant l’EGO comme « Tout-Puissant », on a du même coup consacré la caresse du nombril comme acte d’allégeance.

S’éloigner de soi pour devenir unique au Monde

Par ailleurs la cérémonie religieuse en chapelle a fait place au gala en salle de spectacle. C’est à cette grand-messe interminable que l’amour de soi est convié pour y vénérer ses élites . Et cela malgré une supériorité fondée par leur Ordre que sur leur docilité à se conformer. Leurs maîtres servent des consignes savamment préformatées pour les asservir à une culture frôlant le culte.

Pour leur part, les vrais créatifs sont invités à ramasser les miettes en attendant qu’un docte « expert » viennent colliger leurs découvertes avant de se les approprier et d’en réclamer ensuite la propriété intellectuelle. En fait, au quotidien, l’Éducation vise essentiellement à faire ingurgiter des trucs et astuces servant d’arsenal à la réussite sociale des plus ambitieux.

L’expert doit maîtriser l’art de refiler la responsabilité autant que les conséquences de ses actes à des subalternes. Il ne conserve que les éloges nécessaires à nourrir son ego. Ainsi, qu’on l’appelle Religion, Médecine, Justice, Économie ou même Corporation, État ou Cartel, l’endoctrinement ne cesse d’agenouiller des sociétés entières en les asservissant à des addictions créées de toutes pièces par une élite aussi ignorante qu’insatiable et omnipotente.

Le culte de l’image sous influence

L’État fait une erreur monumentale en érigeant l’Éducation comme une opportunité de faire de bonnes affaires au détriment de la connaissance de soi et de la curiosité d’apprendre. Instruire n’est pas éduquer.

Malgré les vices de l’Ego, l’Être humain a son propre pouvoir sur lui-même. C’est cet aspect de sa nature qui demande une véritable Éducation. D’ailleurs, aucun grand bonze, politicien, gourou ou scientifique n’est parvenu à en maîtriser la forme subtile: La Conscience!