Dérapages au féminin

Dérapages au féminin

À une semaine de la Journée des Femmes du 8 mars 2016, deux dames de « pouvoir » du Québec sont malmenées, ayant osé des déclarations utilisant hors contexte de très gros mots de notre culture de l’émancipation. Mariage et Féminisme. Rien de moins.

Deux malencontreuses déclarations sans préméditation ont plongé la psyché québécoise dans une paranoïa sémantique qui ébranle les sensibilités de la justice sociale du Québec. Le phénomène existentiel est symptomatique de la confusion de nos institutions dans leurs valeurs et du « sois féministe et tais-toi » des irréductibles du pouvoir féministe « officiel ».

Deux phrases lâchées avec maladresse par des femmes politiques de bonne foi ont débusqué l’horreur de toutes les inégalités perçues par l’élite féminine de la révolution tranquille, flanquée de ses amants prosélytes et de ses descendantes bien endoctrinées.

« Sois féministe et tais-toi »

a supplanté le

« Sois belle et tais-toi! »


 Je concède les maladresses de nos élues mais que dire du délire enclenché pour réitérer un message du Petit Robert qui (il faut l’admettre) ne passe pas dans les cadres de nos institutions autant corporatistes, que politicoéconomiques ou psychosociales.

La femme a beau faire éclater son plafond de verre, déserter la cuisine et sacraliser sa matrice, elle ne fait toujours pas le poids dans l’arène sans merci des luttes de pouvoir qui façonnent sa réalité. Aussi féministe soit-il, le deuxième sexe en colère ne parvient pas à influencer les règles du jeu du plus fondamental instinct de survie du masculin (killer instinct). Cet instinct de guerre fondamentalement viril est sculpté dans le pouvoir de domination et la richesse personnelle. Il alimente l’homme dans la conquête du Monde depuis des millénaires.

Malgré toutes ses avancées, le féminisme ignorait que sous le tapis se tapissaient (sans voix) les angoisses prêtes à bondir des « vraies » femmes non féministes. En effet, le féminisme défini depuis la Révolution des années 1960 n’a rien changé pour la femme moyenne qui se débat toujours avec l’élite d’une société de Droit paradoxale qui n’en a que le titre. C’est même une gente féminine ignorée de ses sœurs et fragilisée qui jongle toujours avec sa propre définition de tous ces mots inscrits au dictionnaire. Famille – Maternité – Avortement – Carrière – Violence – Monoparentalité – Vieillissement et l’incontournable et douloureux abcès de l’Équité objective entre les genres ou les sexes. C’est selon chacune mais pour la très grande majorité des femmes du Québec, la destinée est toujours accrochée au pouvoir d’attraction des hommes.

Entre femme de ménage et trou d’homme

Où se cache l’égalité tant réclamée?

On nous rabâche le droit de vote comme l’acquis féministe primordial tout en précarisant les valeurs du féminin. Que vaut-t-il vraiment ce droit de choisir les moins pires et les mieux financés? Que vaut le droit de vote au regard des choix qui nous sont proposés comme options de gouvernance… trop souvent par les femmes elles-mêmes ??

Je ne vois donc aucun avenir à faire ressembler la moitié de la population du globe à l’autre moitié pour une question de couches, de bouffe, de poubelles ou de casque de pompier. La vie domestique est une nécessité pour la survie humaine comme les conflits, les valeurs morales et les relations complémentaires. Il n’y a  pas de grandeur à exercer le pouvoir « comme un homme » car ce n’est qu’une forme de pouvoir comme une autre qui n’a rien à voir avec l’égalité  homme/femme.

Pour des raisons aussi prévisibles qu’obscures, le féminisme a perdu sa crédibilité à force d’exhorter la femme à percevoir le sort des hommes comme le nec plus ultra du statut social. Pourquoi l’homme n’a-t-il pas lui aussi revendiqué l’égalité avec les femmes après les guerres meurtrières auxquelles il a été « contraint » de participer? Tout simplement parce que pour améliorer sa condition « masculine », il aura plutôt opté pour l’ingénierie. Afin de se faciliter l’existence, l’homme invente et invente encore. Il créera les drones sans soldats, les autoroutes à péage, les gratte-ciels, les mégalopoles et les paradis fiscaux. Par définition, l’homme a tendance à se soustraire à l’adversité pour vivre dans l’univers des jeux ou des solutions. Il a aussi tendance à asservir tout le monde à sa vision du bonheur.

Pour rendre les femmes égales, l’homme a proposé une panoplie d’inventions pour faciliter la vie domestique. Sans modifier les rôles, il a adouci les angles de son quotidien. Là s’arrête pour moi l’égalité homme/femme dans l’esprit des hommes. Le reste appartient à la femme elle-même. J’avoue que la contribution masculine reste trop souvent au niveau du pratico-pratique…. qu’on s’en plaigne ou non. C’est sa nature et en majorité son immense contribution.

Il n’y a aucune commune mesure entre la relation homme/femme de l’après deux guerres mondiales ayant décimé coup sur coup deux générations de la crème des jeunes mâles de la planète comparée à celle de la cyber-arène de la surconsommation de ressources du XXIe siècle. Mais les besoins fondamentaux de l’humain n’ont pas changé ni les métiers qui vont avec. Entre femme de ménage et trou d’homme (accès aux égouts) comment définit-on l’égalité ? Certainement pas en créant des hommes de ménage et des trous de femmes. Je trouve ridicules les mots inventés pour égaliser ce qui ne sera jamais égal.

Le féminisme de 2016 aurait-il oublié qu’il y a des hommes comme des femmes qui vivent des cauchemars humanitaires quelque part tout près d’elles pour des motifs d’inégalité programmée par l’âge, le sexe, la scolarité ou la condition sociale?

Comment devenir égalitaire quand les femmes restent coincées dans l’archétype féminin de la victime, de la séductrice ou pire encore dans ce néo féminisme macho de l’ambitieuseLa femme n’a rien à envier au sort des hommes. Elle a une place bien à elle qui reste à être actualisée certes mais la femme a « sa propre place » dont elle doit promouvoir avec conviction la valeur avant même de la rendre politiquement et économiquement égalitaire aux yeux des hommes. La domination est passée d’un sexe à l’autre au fil de l’Histoire. Qui a mieux fait que l’autre?

Alors, si une femme de 1949 avec en héritage Simone de Beauvoir et « Le deuxième sexe », ne peut vivre en laissant ses cauchemars du passé s’incruster dans sa réalité, pourquoi le féminisme ne pourrait-il pas aussi passer à autre chose que la dénonciation et la revendication?

Mon œil la définition du dictionnaire. Il y a 30 000 mots qui s’y ajoutent chaque année alors que leurs sens nous échappent de plus en plus. Féminisme n’égale pas émancipation!

Mme Thériault a été traitée d’inculte……POURTANT!

En 2012 une doctorante de l’UQAM expliquait déjà ce que Mme Thériault a tenté d’exprimer. (Suivre ce lien)

 

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