Liberté d’expression ou agression

Liberté d’expression ou agression

Qu’est-ce que la liberté d’expression?

Si je déclare que les noirs ont un talent particulier pour le rythme et la danse; est-ce du racisme?

Si je déclare que la femme utilise le maquillage davantage que l’homme; est-ce du sexisme?

Si je déclare que les jeunes récupèrent leur énergie beaucoup plus rapidement que leurs aînés; est-ce de l’âgisme?

Si j’avance que la détresse psychologique est un facteur présent dans un suicide; est-ce du fatalisme?

Selon le bord de la clôture qu’on a choisi, toute forme d’expression reste acceptable à condition qu’elle soit avantageuse pour soi-même. Sinon, c’est nécessairement un « isme » qui devient inacceptable et la graine du conflit est semée.  Mais à quel moment le sens d’une remarque devient-il inacceptable dans l’esprit humain? Comment le porte-parole sait-il qu’il reste objectif dans sa représentativité? À quels critères la liberté d’expression doit-elle se conformer pour rester légitime? Tes croyances ou les miennes?

Autant de questions qui n’ont toujours pas de réponses uniques pour moi. Avec les années, j’ai simplement compris que tous les « ismes » de la terre sont des pièges à cons pour générer, entretenir et rentabiliser les conflits. Les grands prêtres d’autrefois appelaient cela des hérésies et les experts d’aujourd’hui appellent cela des déviances. Ce que je constate pourtant c’est que le tout est toujours aussi rentable pour les experts à l’ego fragile d’aujourd’hui qui n’ont pourtant pas plus de solutions durables que les grands prêtres des Églises toutes-puissantes d’autrefois. Seul les prescriptions ont changé.

Quand les esprits sont fermés

Parlant de liberté d’expression…  Récemment, une photo sur Facebook (voir ci-joint) a choqué une dame qui l’a interprétée comme une insulte envers les personnes âgées et l’a déclarée inacceptable EN LETTRES MAJUSCULES.

liberté d'expressionÉtant moi-même âgée de soixante-huit ans, je lui ai écrit un commentaire:

« Je suis âgée et je la trouve très drôle. C’est pas parce qu’on est vieux qu’on ne peut pas rire de soi. Au contraire….. ça aide à mieux vivre la vieillesse. »

La dame a insisté sans fléchir…… pas de discussion possible.

Pour elle, aucune autre option que la sienne ne pouvait prévaloir. Je n’ai même pas formé un pli sur son opinion. À tel point que pour marquer le coup, elle m’a répondu que:

…… « certaines personnes ont un sens de l’humour malade. »

Bien sûr, elle n’avait aucunement l’intention d’insulter une personne âgée par ce propos….. tout de même mis en minuscules cette fois. La dame fait carrière en coaching et se vante de connaître les secrets de la PNL.

C’est dire que j’avais à faire avec une experte!

Quand liberté d’expression devient agression

Depuis quelques années je me sens agressée par l’agression. Depuis ma retraite, mon passé me rattrape comme jamais auparavant. Les balises sont devenues si floues que je ne parviens plus à calibrer ma propre expérience. J’ai pardonné depuis si longtemps que je ne parviens plus à faire monter la colère envers mon père qui m’a battue, ma tante qui a abusé de mon petit corps, du bandit qui m’a volé à la pointe d’un revolver, des gars qui m’ont pendue la tête en bas à Ville d’Anjou pour ensuite se moquer de moi ou encore de mes collègues  de travail jaloux qui ont orchestré avec des calomnies ma démission d’un travail dans lequel j’excellais. J’épargne ici les vivants qui se reconnaîtraient…..

Quand j’étais enfant, on m’a déclarée surdouée et je m’ennuyais mortellement à l’école. Je m’efforçais d’avoir l’air perdue pour garder mes ami(e)s. Les nerds n’étaient déjà pas populaires à cette époque. Il faut dire que la pauvreté ajoutait au stigmate de la différence. C’était impossible d’être pauvre et intelligente à la fois.

En ais-je gardé des séquelles? Une seule mais elle est de taille.

Quand disparaître devient la solution

J’ai développé le sens profond de mon illégitimité à exister. J’ai donc appris à vivre par curiosité derrière l’armure de la connaissance. Les livres m’ont toujours fourni un regard nuancé sur la vie. J’y puisais ce que les humains ne parvenais pas à communiquer sans les filtres de leurs croyances. Je devais analyser toutes les facettes pour ne pas me faire prendre dans la mauvaise tribu. Étant de surcroît une extravertie « verbo-motrice » par nature, je n’ai jamais eu ma place nul part dans l’univers de ceux qui n’ont pas la curiosité de remettre en question leurs opinions. Malheureusement ils sont légion.

Je n’ai pas non plus ma place parmi ceux qui choisissent de se soumettre à la « ligne de parti » ou à la « loi des Ordres » religieux ou professionnels (identiques pour moi) contre leurs propres valeurs. Malheureusement leur légion est encore plus envahissante.

La désinformation comme choix de société

Mais là où je souffre profondément beaucoup trop pour même y désirer une place; c’est parmi ceux qui croient tout ce que les médias racontent. Ils vivent dans la tête de leurs personnalités préférées sans jamais faire l’effort de questionner ce qui remplit la leur. Les pires pour moi sont ceux qui parlent des figures médiatisées comme si c’était leurs meilleures amies. En fait, ceux qui croient que d’avoir une opinion sur la conduite ou la situation de personnages fictifs ou de vedettes est une marque d’intelligence. Ils n’ont aucune identité propre sans que les choix de leurs idoles ne prennent le contrôle de leurs pensées.

N’étant pas patiente avec le commérage, je décroche des potins à moins que tout cela n’ait une résonance personnelle qui mène à la connaissance de soi.

Malheureusement, la télé a tendance à « court-circuiter » l’information. Elle est dépressive et ne peut que restreindre la vision du Monde à ses malheurs et à ses crimes. La liberté d’expression fait ainsi chavirer l’Histoire dans la victimisation. Notre temps présent est marqué par la dénonciation des péchés du genre humain comme aux meilleurs jours des Croisades et de l’Inquisition. Et tous les « ismes » choisis pour les décrire n’ont aucun pouvoir sur la médiocrité érigée en système. Ce système est bien huilé par nos gouvernances et nos médias qui fournissent des tribunes de choix aux déviances qui les enrichissent. L’ignorance et l’illettrisme les servent bien. Toujours aussi insatiables de pouvoir et de richesse ils nourrissent allègrement la bêtise humaine.

C’est là que la solution réside quand on aura vraiment compris ce qu’est l’Éducation et qu’on cessera de jouer avec la tête des gens. Le résultat sera de devenir responsable de sa liberté et ainsi de cesser de se voir comme des victimes qui n’ont jamais le choix!

%d blogueurs aiment cette page :