Pensée critique sur le féminisme

Pensée critique sur le féminisme

Un party de sacoches

8 mars au féminin pluriel

Le 8 mars dernier, ce jour dédié entre tous au féminisme, j’entendais ma voisine expliquer à sa petite-fille le long parcours des québécoises vers le droit de vote.  Je me suis sentie envahie d’un insidieux malaise. En effet, je crois que la préparation de ma retraite doit me turlupiner car depuis ce 8 mars fatidique j’ai mal à mon féminin.

En effet, à l’idée de célébrer encore la journée en question, et malgré toutes les batailles et conquêtes du féminisme en territoire « macho », je n’ai toujours pas le sentiment que le féminin ait triomphé de quoi que ce soit.  Des femmes ont gagné du terrain individuellement en occident mais le féminin… international, c’est une autre affaire! Et bientôt, le monde sera aux mains du pouvoir chinois et indien…. tous des gars qui adorent les femmes.

Comme je ne parvenais pas à me patenter un « pourquoi fêter« crédible le jour même, j’ai simplement oublié l’incident. J’ai conclu que je passais une mauvaise journée et je me suis rabattue sur un bréviaire de pensées positives pour les nuls. Comme un vrai témoin de corruption devant un juge du Québec, je me suis déclarée innocente pour cause de bonnes intentions.

En réalité, je me disais que j’étais probablement la seule à avoir raté le coche du féminisme au Québec. Pour me redonner le droit de respirer, je me suis donc pardonné cet écart coupable pour me raccrocher à mon droit de vote. J’étais reconnaissante de la démocratie québécoise qui malgré ses déviances de cliques incestueuses, me permet d’avoir une pensée critique.  À condition de la garder pour moi!

Pensée critique?

Aussi introspective et non partisane que puisse être ma position,  c’est impossible de la risquer sans me faire agresser par des trolls ou des sans génie.  Le débat se confond avec le combat. J’ai donc continué à couler mes moments de doute sans oser déranger les femmes québécoises vraiment libérées. Après tout, ne sont-elles pas détentrices de la Vérité sur le féminin.

J’ai ainsi soigné mes états d’âme impurs et je me suis réconciliée avec mon aînesse précaire en me dorlotant dans l’illusion d’avoir droit à la dignité du féminin. Il suffisait de m’imposer la pudeur et la solidarité féminine pour me donner une chance que ça passe sans trop de dommage.

Mais voilà!  Ça ne passe toujours pas!

(…) Alors que le « vivre-ensemble » cherchait à définir un idéal d’harmonie entre tous, le concept de risque engendre la méfiance.  Conséquemment, en instrumentalisant et institutionnalisant la méfiance plutôt que le « vivre-ensemble », la méfiance devient l’avenir… et cet avenir, risqué, est perçu comme étant constitué de « problèmes »…  Ce qui n’est pas très joli…(…) –   La démocratie est fatiguée: crise ou déclin? René Villemure 2 avril 2013

 Coincer le féminisme entre genre et sexe

En fait, la réalité du monde pollué par l’ambition me rend malade. Elle sent le dépotoir et me donne des idées de chipie.  Alors j’ai arrêté d’écrire depuis bientôt deux mois pour trouver l’éclairage nécessaire à me sortir du tunnel de ma tiédeur féministe. Mon lampadaire s’est allumé sous la forme d’un bulletin réflexif auquel je suis abonnée et c’est un homme qui l’écrit.  Merci à  René Villemure, éthicien. Je peux enfin comprendre la pertinence de mon hérésie… « La démocratie est malade et elle est entrain de mourir. » Ce n’est pas seulement une crise de vieille bonne femme frustrée.

Le féminisme n’a en réalité rien apporté à la santé de la démocratie ni à la place du féminin dans le monde. Pour cause, un féminisme trop carriériste s’est orienté vers le pouvoir et l’argent et le féminin s’est perdu dans la séduction hyper sexualisée toujours accroché à l’approbation du mâle de service.

Une certaine femme plus intellectuelle et privilégiée a inventé l’homme rose pour lui refiler ses tâches domestiques sans faire suivre le « thinking » qui va avec. Elle reste donc avec la charge mentale de voir à tout pour tout le monde. Mère, infirmière, secrétaire ou professeure au primaire, les nouveaux mots n’ont eu aucun autre impact que de flatter les egos féministes.

La place du féminin toujours précaire

Le féminisme a manqué de lucidité et devient la victime de ses carences et de ses manquements envers le féminin. Faire comme les gars, c’était renoncer au pouvoir du féminin comme facteur équilibrant de nos démocraties. Ça prend du temps et de l’espace la démocratie! Comme la santé et l’éducation d’un rejeton n’ayant pas encore atteint sa maturité! Mais il fallait faire comme les gars au lieu de proposer aux femmes un nouveau modèle FÉMININ de « vivre ensemble ». On s’est contenté de jouer avec les mots!

Naturellement, je suis la seule à ne rien comprendre au féminisme!

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