L'art de rester vivant jusqu'à sa mort

La peur de mourir et la science

Pourquoi vouloir être vieux si longtemps?

peur de mourirOn prédit que vers 2040 ou 50, l’espérance de vie aura atteint possiblement 95 ans. Mais à quoi rime cette quête de longévité? Serait-elle seulement un réflexe scientifique en réponse à la peur de mourir ?

Déjà, depuis au moins vingt ans, on est coincé dans le paradoxe de la quatrième génération totalement inutile. En effet, on déclare que les 50 ans et plus sont considérés comme des aînés et qu’à 55 ans on a déjà droit de se retirer de la vie productive pour passer les trente années suivantes à consommer son bonheur bien mérité.

Imaginons donc une vieillesse plus longue que notre contribution à la création des ressources nécessaires pour la soutenir. A-t-on vraiment évalué les impacts socio-politico-écono démographiques d’une telle prétention?

Sur le sujet, il faut lire l’ouvrage « Et l’homme créa la vie, une révolution biologique sans précédent. » – Joël de Rosnay

Vieillir est selon certains chercheurs dont David Gems, une maladie dégénérative complexe mais curable. Bien sûr, l’immortalité n’est toujours pas à l’ordre du jour et la prévention du vieillissement elle-même ne fait pas l’unanimité. Pourtant les prédictions de longévité semblent vouloir s’avérer et on y est déjà avec les vingt ans qui se sont ajoutés seulement depuis ma naissance en 1949.

Ainsi donc, nous pouvons voir poindre à l’horizon une cinquième voire une sixième génération. Bienvenue aux conflits de valeurs déjà ingérables entre les générations.

Une longévité sur mesure

Les dons d’organes, les transfusions sanguines, les greffes de moelle, les antibiotiques et tous ces stratagèmes médicaux ont largement contribué à repousser la mort mais sont-ils vraiment compatibles avec la croyance que vivre doit aussi élever l’esprit et l’âme incarnés dans la chair de l’Homo sapiens? Malheureusement, le clonage en Éducation et les pacages urbains sont des antithèses de l’humanisation si on considère les timides avancées de la connaissance de soi comme condition ultime de la liberté.

Loin de la nature et bien loin de ses racines de vie ou de son héritage culturel unique, la désormais « machine » humaine se désincarne peu à peu. La peur de mourir est l’arme de destruction massive utilisée contre l’humain pour le dominer. Ainsi se vend l’ignorant en quête de sa liberté. Inconsciemment, la peur de la mort est sous-jacente à la course effrénée vers la longévité pour des milliards d’innocents à l’ignorance tenace.

La raison en est simple. L’élite planétaire avait besoin d’un filon fiable de fidèles pour se substituer à Dieu aux yeux des croyants en la vie éternelle. Quoi de mieux que la vente d’icônes déifiées pour financer ses œuvres. Jusque-là, rien de nouveau depuis les lampions et les images saintes des chaires religieuses tant décriées.

Sous des aspects séducteurs, les Ordres modernes vendent l’idolâtrie laïque aux fidèles terrorisés par l’idée de la mort et anxieux d’atteindre le bonheur parfait. On utilise la peur de l’échec pour susciter l’adhésion à un chapelet de litanies et de cérémonies aussi douteuses qu’inefficaces.

Paradoxalement, la vie d’un fidèle doit compter davantage pour les autres que pour lui-même. La sensibilisation de l’ego à sa propre image garantit la pérennité de la masse critique nécessaire à la recherche. Il suffit d’être de plus en plus comme les modèles imposés pour affirmer que l’on est unique.

Renoncer à ses racines

Le marketing de masse ne serait-il pas le moyen idéal pour fournir des échantillons crédibles aux statisticiens du bonheur et de la longévité ? Les réseaux sociaux aussi sont de puissants outils de compilation des habitudes de vie des masses. Cette tendance de l’expertise me semble un peu tordue mais de plus en plus tangible dans les décisions politiques prises contre le gros bon sens sur les enjeux sociaux. Aucun échantillon ne peut refléter la réalité de bientôt huit milliards d’humains. Par contre, on sait déjà depuis longtemps ce qui est nécessaire à la vie.

Il suffit de s’intéresser un tout petit peu à nos contradictions pour réaliser à quel point la vie humaine est devenue un spectacle désinvolte de la peur de mourir. La peur de la mort habite la majorité des choix faits pour atteindre le bonheur. En pilule, granule, crème ou encore en addictions diverses, en chirurgies reconstructives ou en nivellement vers le bas, on diffuse les dix commandements d’un parcours terrestre réussi. Par contre, c’est en détruisant la vie sur la terre qu’on tente de prouver qu’on peut vivre de plus en plus vieux.

De la même façon, pour élever l’esprit, on a mis la clé dans la porte du paradis afin de promouvoir l’ici et le maintenant de la jouissance en direct. Fini les fausses croyances en un être suprême…. Nous avons désormais des scientifiques pour tout expliquer de cette vaste fumisterie qu’est la promesse de la vie éternelle.

Là où Dieu a échoué, une bande de copains d’Université devrait réussir. En attendant, je cherche à comprendre au moins d’où je viens faute de savoir où je vais.

Joël de Rosnay – Je cherche à comprendre…

Cercle PACEgo
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